Avelino Sangameya, ms



Cette interview a été réalisée par Marcel Schlewer, lors de la rencontre de la commission internationale « Justice et paix » de la congrégation, les 27, 28 et 29 mai 2008 au sanctuaire de La Salette en France. (cf. La Salette n° 210)

Avelino ! Tu arrives de la Namibie, mais tu es originaire de l’Angola.

Je suis né à Kinjenjé, le 25 janvier 1970. Lors de mes 4 ans, ma famille fut obligée de quitter Kinjenjé à cause de la guerre civile qui sévissait en Angola. Nous sommes partis à Cubal à 200 km de là. C’est là que j’ai été scolarisé et que j’ai connu, avec d’autres copains, les Missionnaires de La Salette. Aspirants séminaristes, nous étions une vingtaine à souhaiter le devenir nous-mêmes. En 1987, je suis donc rentré au séminaire de Benguela sur la côte atlantique. Pendant 2 ans, j’ai suivi la propédeutique nous préparant aux études de philosophie.

T’engager ainsi dans de telles études, ça n’a pas dû être facile !

C’était en effet assez difficile ! Je quittais le système pédagogique du gouvernement ! La formation orientée vers le sacerdoce était beaucoup plus exigeante. Mais je me suis laissé apprivoiser ! Ensuite, nous sommes partis à Huambo, au centre du pays, pour la philosophie. Il faut dire que c’était dur ! C’est le père Hilario Secunda qui nous formait et j’en ai été très heureux : la philosophie m’a ouvert l’esprit. C’est là que nous avons fait notre postulat. En 1992, nous avons mis le cap sur Lubango, dans le sud, non loin du port de Namibe, à quelques centaines de kilomètres de la Namibie. Nous avons commencé le noviciat. Nous étions 5 novices. C’est le 16 août 1993 que nous avons fait notre première profession religieuse.

1993, c’était en pleine guerre civile en Angola !

En effet, pendant notre noviciat, la guerre civile faisait rage dans le pays. L’Unita de Jonas Sawimbi a attaqué la ville de Huambo et s’en est emparée. C’est là que nous aurions dû retourner poursuivre les études. Aussi les supérieurs ont préféré nous diriger vers le Brésil, où l’on parle aussi le portugais. Nous avons donc rejoint les scolastiques de la province brésilienne à Sao Paulo. Ce fut une expérience très riche : pas seulement par les études : car le séminaire avait des liens très étroits avec plusieurs favelas. Cette expérience a duré 4 ans ; elle m’a comblé ! De retour en Angola, quatre ans après, je me suis engagé définitivement dans la congrégation. Le 18 septembre 1997 j’étais ordonné diacre à Kinjenjé dans mon village d’origine !

C’est à ce moment qu’on t’a confié une grosse responsabilité…

En effet, pour mon stage de diacre, j’ai été envoyé à la maison de formation à Huambo qui était à nouveau accessible : c’était une période de trêve. J’ai travaillé alors au service de nos étudiants en philosophie et en théologie. Au séminaire interdiocésain de Huambo, j’enseignais la méthodologie des études. J’étais également professeur de religion pour nos étudiants en propédeutique à Huambo. Je travaillais dans notre communauté avec le père Sangévé, alors directeur du séminaire, et je donnais des conférences à nos philosophes.

Ça ne s’est pas arrêté là !

Un an après, les supérieurs m’ont appelé à l’ordination presbytérale. J’ai été ordonné prêtre à Lobito le 26 juillet 1998. Lobito est un grand port non loin de Catumbela, résidence du supérieur régional, et pas très loin de Benguela. Nous étions 18 prêtres ordonnés en même temps, dont deux salettins. Les supérieurs m’ont nommé à Huambo, pour continuer dans le travail de formation. Cela s’est poursuivi jusqu’en 2002.

Et la Namibie ?

Eh bien, c’est là que j’ai quitté Huambo pour ouvrir cette nouvelle mission en Namibie, au sud de l’Angola. En janvier 2002, lors de notre assemblée régionale annuelle à Lubango, Le P. Pedro Chingandu, supérieur régional, m’a demandé de partir dans cette mission, parce que je parlais l’anglais. En septembre 2002, je rejoignais donc cette mission près de Windhoek, à Opuwo. Nous sommes partis à trois, 2 prêtres et un diacre. C’est là-bas que j’ai travaillé jusqu’à aujourd’hui, au service de la paroisse. Au bout de 4 ans, l’archevêque de Windhoek, au vu de notre bon travail, a décidé de nous confier une nouvelle mission.

Dis-moi, Avelino, que représente pour toi La Salette ?

Merci pour cette question. Dans ma spiritualité jusqu’à maintenant, j’ai compris que Jésus est Celui sans qui je ne peux rien faire. En ces temps de mondialisation, on entend dire : sans argent, on ne peut rien faire. Finalement, j’en suis venu à me dire : sans La Salette, nous ne pouvons rien faire. Dans le monde d’aujourd’hui, en effet, y a-t-il un message plus nécessaire que celui de la réconciliation ? Le monde moderne a bouleversé toutes les valeurs. Nous en voyons le résultat, terrible, dans l’état du monde aujourd’hui. Avec son message de réconciliation, Marie à La Salette nous invite à remettre les choses en place : nous pourrons alors vraiment choisir la vie.

Propos recueillis par Marcel Schlewer, ms

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